
Date : 29 octobre 2025
« Nous, les jeunes, demandons de l’électricité et de l’eau. Nous sommes contre l’abus de pouvoir, contre la corruption, contre le non-respect des droits humains et contre les autres menaces qui pèsent sur le peuple malgache ».
Manifestants Gen Z
Malgré les difficultés qui ont suivi les manifestations, le mouvement a ouvert un nouveau chapitre pour Madagascar en renforçant la sensibilisation du public, l’engagement civique et le rôle des jeunes dans la construction de l’avenir du pays. Les événements ont relancé le débat national sur la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité, tout en encourageant les citoyens, en particulier les jeunes, à participer plus activement à la vie publique. L’un des résultats positifs les plus significatifs a été l’élargissement de l’espace de liberté d’expression : les jeunes Malgaches peuvent désormais exprimer leurs opinions plus ouvertement sur les médias sociaux, mobiliser leurs communautés et contribuer aux débats publics sans crainte. Cette nouvelle dynamique offre l’espoir d’une société plus inclusive, démocratique et tournée vers l’avenir, où le dialogue, l’unité et l’engagement pacifique continu peuvent conduire à un changement durable et significatif.
Les jeunes Malgaches soulignent que l’avenir doit être construit sur l’unité, l’engagement civique pacifique et le leadership engagé dans la création d’une société juste, transparente et inclusive pour la prochaine génération.

| Des coupures d’eau et d’électricité au changement de régime
Le 25 septembre 2025, des milliers de jeunes de la capitale Antananarivo ont lancé un mouvement de mobilisation, connu sous le nom de Gen Z Madagascar. Alimentée par de graves coupures d’eau et d’électricité qui duraient plus de 12 heures par jour, la manifestation s’est étendue à d’autres villes de Madagascar, comme Antsiranana et Antsirabe. Au cours de la manifestation, les manifestants ont dénoncé les injustices, notamment les inégalités, le chômage, le coût de la vie et la corruption. Ils ont ensuite demandé la réforme du système politique et la démission du président. En réponse à leurs revendications, le gouvernement a fait usage de ses forces. Plusieurs jeunes ont été blessés, arrêtés et ont perdu la vie.
La jeunesse malgache fait entendre sa voix
Les membres de Gen Z Madagascar ont d’abord organisé tous les mouvements et mobilisé les gens par le biais de sites de médias sociaux tels que Facebook et TikTok, en s’inspirant d’exemples internationaux. Une fois les protestations lancées, des groupes de la société civile, des syndicats et des politiciens ont rejoint les manifestations sur la place du 13 mai à Antananarivo. À l’instar de la Gen Z en Indonésie et au Népal, la Gen Z de Madagascar a utilisé un drapeau représentant une tête de mort avec un chapeau de paille tiré de la série de mangas japonais « One Piece ». Les manifestations ont été marquées par des affrontements. Selon le bureau des droits humains de l’ONU, au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées. Le 29 septembre, le président a dissous son gouvernement. Plus tard, il a fui le pays après un coup d’État militaire le 11 octobre, soutenu indirectement par les manifestations.
L’engagement des jeunes : la clé des défis et de l’espoir pour la démocratie
La jeunesse malgache est confrontée à des défis majeurs, notamment un taux de chômage élevé, la corruption et le manque d’accès aux services essentiels et aux opportunités. Cependant, ces obstacles alimentent également un fort désir de changement et une mobilisation sans précédent. Grâce à leur créativité, notamment sur les médias sociaux, les jeunes organisent des actions pacifiques et proposent des alternatives pour refonder le système politique. Cette dynamique offre une réelle opportunité de renforcer la démocratie en plaçant les jeunes au cœur de la prise de décision et en favorisant un dialogue inclusif pour construire un avenir juste et transparent.
Membres de la YDC ayant contribué à cette section :
Tojoniaina Alain Randrianaritiana, Malagasy Youth Initiative (MYI)
Tiana Harimiora RANDRIANARISON, Club Civique et Citoyen



