
Date : 24 novembre 2025
Le mouvement Gen Z est arrivé au Maroc avec le slogan« La santé d’abord, nous ne voulons pas de coupe du monde« . L’étincelle a été un tragique groupe de décès maternels à Agadir, mais le feu couvait depuis longtemps : des hôpitaux débordés, des équipes médicales sous-payées et manquant de personnel, des écoles rurales en ruine ou éloignées, des enseignants précaires et une crise du chômage chez les jeunes urbains qui fait qu’une « vie digne » semble hors d’atteinte. Ajoutez à cela la hausse des prix et le manque de crédibilité entre les mégaprojets de prestige et les services quotidiens, et vous obtenez les principaux griefs qui poussent les jeunes à se mobiliser.
Après des semaines de manifestations pacifiques, la Gen Z a présenté une liste consolidée de revendications : une éducation et des soins de santé publics gratuits et de qualité, des emplois et une réduction du chômage, la lutte contre la corruption et l’obligation de rendre des comptes, et la destitution du gouvernement actuel. Organisé horizontalement et anonymement sur Discord, le mouvement coordonne des actions locales, documente les abus et utilise des tactiques peu contraignantes telles que les boycotts pour élargir la participation. Leur plateforme s’appuie sur le langage et les points de référence de l’État, notamment la constitution de 2011 et le nouveau modèle de développement, et les recadre, transformant ainsi les engagements officiels en repères et en mission pour le mouvement.

Grâce en partie à la pression soutenue de la Gen Z, le projet de loi de finances 2026 du Maroc a augmenté les allocations pour les secteurs de la santé et de l’éducation. Parallèlement, la dernière session parlementaire, dirigée par le roi, a souligné que les autorités locales devraient travailler avec les conseils locaux élus au niveau territorial pour donner la priorité aux budgets sur trois fronts : la santé, l’éducation et l’emploi sur l’ensemble du territoire marocain. Toutefois, le mouvement n’est pas terminé pour autant : la génération Z continue de protester contre la corruption et a appelé à des manifestations pacifiques ce week-end dans tout le pays.
Enfin, les jeunes de la Gen Z ne sont pas « anti-Maroc », ni réflexivement anti-développement ou anti-Coupe du monde ; ils sont favorables à la dignité et aux biens publics. Leur position est que les projets de prestige ne doivent pas se faire au détriment des services essentiels, et que la vraie modernité signifie des hôpitaux qui soignent, des écoles qui élèvent, et des emplois qui incluent la prochaine génération. Si les institutions répondent à cet esprit par des prestations mesurables et une participation authentique, cette vague d’engagement des jeunes peut renforcer le tissu démocratique du Maroc, et non le mettre à rude épreuve.
Membres de la YDC ayant contribué à cette section :
AIDECA



