
Date : 24 novembre 2025
Népal : Le soulèvement de la Gen Z en 2025
En septembre 2025, le Népal a été le théâtre d’un soulèvement historique de la Gen Z. Les manifestations ont commencé contre l’interdiction des médias sociaux par le gouvernement. Les manifestations ont commencé contre l’interdiction des médias sociaux par le gouvernement et se sont rapidement transformées en un appel national à l’ouverture, à la responsabilité et à la réforme des institutions. Le soulèvement a marqué le mécontentement généralisé de la jeunesse népalaise face au manque d’emploi, à l’exclusion politique et à la corruption, reflétant ainsi la volonté d’une génération de remodeler le destin démocratique de la nation.

Les manifestations ont également été motivées par l’interdiction par le gouvernement de 26 plateformes de médias sociaux clés, dont Facebook, Instagram et WhatsApp. Les autorités ont invoqué le non-respect des règles, mais la majorité des jeunes ont estimé qu’il s’agissait d’une tentative de suppression de la liberté d’expression. Pour les jeunes adultes de la Gen Z du Népal, qui dépendent des médias en ligne pour l’éducation, les possibilités d’emploi et la participation civique, l’interdiction a touché le cœur de leur vie quotidienne et de leur identité politique.
En plus de la répression sur le web, la manifestation a été rejetée par des frustrations chroniques : plus de 20 % de chômage chez les jeunes, l’absence d’opportunités basées sur le mérite et l’élitisme politique déclenché par des messages viraux montrant le luxe des soi-disant « nepo-kids ». La pression économique, notamment l’augmentation du coût de la vie et la migration de masse de plus de 830 000 Népalais partis travailler à l’étranger au cours de l’année fiscale 2024/25, a alimenté un sentiment de marginalisation. Ces situations s’accompagnent également de préoccupations concernant le gouvernement intérimaire et la crédibilité des élections générales à venir, de sorte que les citoyens ont été poussés à exiger des réformes au-delà de la liberté du monde virtuel.
Le soulèvement de la Gen Z s’est distingué par son caractère numériquement coordonné et décentralisé. Les militants ont utilisé des applications de messagerie cryptées, les médias sociaux et d’autres plateformes alternatives en ligne pour organiser des manifestations, partager des informations et mobiliser des soutiens. Les manifestations ont éclaté dans de grandes villes comme Katmandou, Pokhara, Biratnagar et Butwal, et ont souvent été accompagnées d’œuvres créatives telles que des peintures murales, des spectacles de rue, des mèmes et de la musique.

Les manifestations ont été marquées par des défis et des enjeux sans précédent. Au cours d’un soulèvement national de deux jours, la répression brutale, les arrestations et les campagnes de désinformation ont mis à l’épreuve l’endurance des jeunes militants. Les estimations font état de plus de 76 morts et de milliers de blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre. L’ampleur du mouvement était telle que plusieurs institutions du gouvernement central, y compris les bureaux exécutifs, le corps législatif et même les tribunaux, ont été effectivement perturbés, et certains bureaux locaux ont été occupés par la force ou temporairement paralysés par les activités de protestation. Les biens privés, tels que les bureaux du gouvernement, les complexes commerciaux et les installations de transport, ont également subi de lourdes pertes.
Malgré le chaos et les destructions, les incidents ont contribué à mettre en évidence l’extrême gravité et l’urgence des revendications des jeunes. La mobilisation a non seulement remis en cause le pouvoir politique établi, mais elle a également entraîné l’effondrement du gouvernement et la dissolution de la Chambre des représentants, ce qui a contraint à la mise en place d’une administration intérimaire. Ici, la rébellion était plus qu’un cri, une affirmation catégorique de l’autorité politique par une génération qui ne voulait pas accepter la corruption, le copinage et le fait d’être exclue des décisions.

En même temps, la rébellion s’est orientée vers un renouveau démocratique. Elle a démontré le pouvoir d’une génération numériquement connectée et civiquement engagée à se faire entendre par le gouvernement, à propulser le débat politique et à s’attribuer des mérites. Le gouvernement a alors assoupli l’interdiction des médias sociaux et reconnu la nécessité pour les jeunes de participer à la prise de décision. En réponse aux troubles, un gouvernement intérimaire a été formé le 12 septembre 2025, dirigé par l’ancienne présidente de la Cour suprême, Sushila Karki, première femme Premier ministre du Népal, afin de stabiliser le pays et d’ouvrir la voie aux élections générales qui sont organisées pour le 3 mars 2026.
La révolution de la génération Z au Népal est un mouvement vers une nouvelle génération d’engagement civique. Elle représente le passage d’une observation passive à un engagement actif où les jeunes citoyens affirment leur droit d’influencer la gouvernance, la politique et les processus démocratiques. Bien que décentralisé et sans leader, le mouvement a déclenché un activisme incessant, intégré des demandes de droits numériques, de méritocratie et d’ouverture, et mis entre les mains des jeunes le pouvoir du changement. Avec un soutien durable et un appui institutionnel, cette génération a le potentiel de redéfinir les institutions démocratiques du Népal et de faire en sorte que la gouvernance soit alignée sur les aspirations de la population.
Membres de la YDC ayant contribué à cette section :
Khimananda Devkota, secrétaire général, Initiative for Civic Change Nepal (IFCC Nepal)
Pradip Khatiwada, fondateur et directeur exécutif, Youth Innovation Lab, Nepal (YI-Lab Nepal)



