
Des médias professionnels et engagés aux côtés de la société civile, en faveur de la stabilité et la cohésion sociale au Cameroun

Cameroon


ABSTRACT

Le projet « TALK PAIX » se concentre sur le rôle des médias comme catalyseur du dialogue national, de la cohésion sociale et de la stabilité au Cameroun. D’autres secteurs sont également ciblés, notamment ceux du dialogue concerté pour la paix avec la société civile et les autorités locales dans le cadre de la décentralisation, la représentation des femmes et les stéréotypes sexistes véhiculés dans les contenus médiatiques, et l’implication des jeunes dans la réduction des conflits à travers leur pratique des réseaux sociaux
DESCRIPTION DU PROJET
Le projet « TALK PAIX » a été lancé pour répondre à une triple difficulté:
- Le manque de capacité des médias à fournir à la population une information fiable, dépolarisée et nuancée dans un contexte de crise multi-dimensionnelle affectant particulièrement la zone Extrême Nord (bassin du lac Tchad) et les deux régions anglophones Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO);
- Leur manque de compétences et d’expérience dans la production de programmes interactifs, produits en collaboration avec la société civile, pour faciliter la participation citoyenne au débat public, notamment celle des femmes, et la promotion d’un dialogue apaisé entre toutes les parties prenantes à ce débat;
- Le manque de sensibilisation des jeunes, y compris celles et ceux qui sont membres d’organisations de la société civile actives en zone de crise, aux mécanismes de la désinformation, lequel les conduit encore trop souvent à être de manière involontaire des vecteurs de fausses informations et des relais de discours de haine et d’exclusion sur les réseaux sociaux.
Co-construit avec deux organisations de la société civile camerounaises, ce projet de 24 mois a débuté en juin 2022. Ses bénéficiaires principaux étaient une dizaine de médias de grande audience, des membres de la société civile et des groupes de jeunes engagés dans le débat public.
Le projet s’est articulé autour de trois activités principales :
- Formation des journalistes à la vérification de l’information et au journalisme sensible aux conflits, incluant le traitement des enjeux spécifiques au genre,
- Accompagnement à la production d’émissions interactives.
- Ateliers d’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique pour les jeunes, dont la moitié étaient des femmes. Ces activités ciblaient spécifiquement les zones de crise, l’Extrême-Nord et les deux régions anglophones (NOSO). La démarche a inclus des formations de formateurs, des séminaires, du coaching et des rencontres de concertation multi-acteurs pour maximiser l’impact sur le terrain.
La Fondation Conseil Jeune (FCJ), une association de plus de 20 ans, a été chargée de la troisième composante du projet, les ateliers d’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique. Reconnue pour son engagement en faveur de la démocratie participative et de la citoyenneté numérique, la FCJ a mobilisé son réseau de mouvements de jeunesse dans les régions francophones et anglophones. Elle a sélectionné des animateurs et animatrices pour les ateliers, qui ont eux-mêmes été formés par des experts internationaux de CFI. La FCJ a ensuite supervisé l’organisation des ateliers pour les 30 jeunes bénéficiaires dans les régions ciblées.
FACTEURS DE SUCCÈS

Ancrage local et participation communautaire : Dès sa conception, le projet a impliqué les bénéficiaires pour répondre à leurs besoins réels, ce qui a favorisé leur adhésion et la pérennité des actions.

Soutien institutionnel et partenarial : L’appui des autorités locales, d’ONG et d’institutions internationales a légitimé le projet et facilité son déploiement.

Pertinence des objectifs et des activités : Le projet a su articuler ses actions avec les réalités sociales, culturelles et économiques du contexte.

Compétence de l’équipe porteuse : Les membres du projet, formés et engagés, ont fait preuve de professionnalisme et d’une excellente connaissance du terrain.

Suivi-évaluation et adaptabilité : Un mécanisme de suivi-évaluation a permis de mesurer les progrès, d’ajuster les actions et d’améliorer l’efficacité globale du projet.
IMPACT
Grâce aux ateliers de la Fondation Conseil Jeune, de jeunes hommes et femmes engagés dans les organisations de la société civile opérant dans les régions couvertes par le projet ont été formés à l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique. Ils agissent désormais en tant que contributeurs actifs au sein de leurs communautés, produisant et diffusant une information qui favorise la cohésion sociale et la réduction des tensions.

